Quel est l’impact de la hausse des taux d’intérêt sur le cours du dollar américain?

Keithwade
Keith Wade

La réserve fédérale américaine est en train de normaliser ses taux et bon nombre d’investisseurs s’interrogent sur l’impact que cette mesure aura sur le cours du billet vert pendant le reste de l’année. Keith Wade et Harvinder Gill, économistes chez Schroders , ont analysé les chiffres de 1975 à nos jours pour se faire une idée plus précise.

C’est différent cette fois...

Il est frappant de constater que le dollar ne réagit pas pour l’instant comme dans les cycles antérieurs. Cette fois-ci, la monnaie américaine s’est appréciée d’environ 20% au cours des 24 mois qui ont précédé la première augmentation de taux en décembre 2015. Or, dans le passé, le billet vert se dépréciait dans la phase juste avant une hausse des taux d’intérêt.

Le dollar américain a réagi de diverses façons à un premier resserrement de la politique monétaire. En moyenne, on constate que dans 4 cycles sur les 8 derniers, le cours du dollar pondéré en fonction des échanges a perdu 1,6% durant les 12 premiers mois d’un nouveau cycle de taux d’intérêt. Après 24 mois, l’évolution moyenne du cours était positive.

Mais comment la situation va-t-elle évoluer aujourd'hui?

La réserve fédérale américaine est en train de resserrer sa politique monétaire, tandis que plusieurs autres grandes banques centrales maintiennent leur taux d’intérêt autour de zéro. Un argument plaide en faveur d’un renforcement du billet vert: l’attrait croissant du long US dollar carry trade.

Keith Wade et Harvinder Gill ont examiné l’impact des différentiels de taux d’intérêt sur les fluctuations du dollar américain dans le passé, en analysant le différentiel de taux entre les USA et l’Allemagne ainsi que l’évolution subséquente de la parité entre le dollar américain et l’euro. L’impact du différentiel d’intérêt semble apparemment plus important avant la première augmentation de taux qu’après celle-ci. Cela peut vouloir dire que le facteur carry n’est pas prépondérant et qu’il y en a aussi d’autres qui jouent un rôle, comme les changements dans les attentes par rapport aux futurs différentiels d’intérêt et flux de capitaux à la suite des prévisions de rendement dans d’autres pays.

L’histoire semble indiquer que le billet vers n’est pas en train de s’envoler et qu’un tel scénario ne se produira pas, même si les différentiels d’intérêt entre les États-Unis et l’Europe se creusent encore davantage.