Elections américaines : le scrutin risque d'être serré

Par Randeep Somel, Associate Portfolio Manager chez M&G Investments

Un résultat électoral contesté ne manquerait pas de provoquer de l'incertitude sur les marchés jusqu'à l’annonce d’un vainqueur légitime et officiel.

Randeep somel
Randeep Somel
Si quelques semaines avant les élections présidentielles américaines, en pleins débats, les électeurs et les investisseurs ne le ressentent pas encore, il est certain que le candidat qui se retrouvera à la Maison Blanche en novembre prochain et la composition du Congrès auront un impact évident sur le sentiment du marché et détermineront l'orientation future de la plus grande économie du monde.

La déclaration du président Trump sur la fraude généralisée engendrée par le vote par correspondance et sur le fait que "nous allons devoir voir ce qu’il va se passer" lors des résultats des élections n’engage pas à une transition pacifique du pouvoir.

Si le vote est trop serré pour que certains des États de transition puissent être appelés à voter, les investisseurs seront confrontés à l'incertitude politique et la nervosité s'installera sur les marchés. Le recomptage en Floride lors de la course Bush-Gore de 2000 avait laissé planer l'incertitude pendant des semaines et l'indice S&P 500 avait chuté d'environ 8 % au cours du mois de novembre. Si Al Gore avait remporté le vote populaire, il n’avait pas obtenu suffisamment de votes électoraux lors d'un décompte préliminaire en Floride. La décision avait été transmise à la Cour suprême, qui avait voté en faveur de George W. Bush, et Al Gore avait dû renoncer à la mi-décembre.

Avec l'augmentation des votes par correspondance cette année, dont le décompte prendra davantage de temps, il est probable que le schéma des élections de 2000 se renouvèle. Le décès de Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême, a enhardi les militants des deux côtés de la ligne de partage politique. Il semble que M. Trump ait suffisamment de républicains à ses côtés pour faire passer un vote de confirmation au Sénat sur son candidat désigné, le juge Amy Coney Barrett - s'il ne réussit pas, les enjeux de l'élection de novembre seront encore plus importants.

S'il y a des signes de fraude électorale, l'un ou l'autre des candidats pourrait refuser le résultat de l'élection et la Cour suprême des États-Unis pourrait être amenée à trancher, comme ce fut le cas en 2000. Cette situation sera très politisée. L'investiture du prochain président américain n'aura pas lieu avant le 20 janvier 2021 (laissant du temps de résoudre ces problématiques) mais un résultat controversé provoquerait sans aucun doute de l'incertitude sur les marchés jusqu'à l’annonce du vainqueur légitime et officiel.