Obligations convertibles : l’offre de nouvelles émissions devrait rester élevée en 2021

Arnaud Brillois, Managing Director, Portfolio Manager/Analyst chez Lazard Asset Management

Arnaud brillois
Arnaud Brillois
Nous anticipons un premier semestre 2021 solide, tiré par la progression continue du secteur de la technologie, la reprise des secteurs de la consommation et du tourisme, tant du point de vue des actions que du crédit, et un niveau de convexité globalement élevé après une année record en termes de nouvelles émissions.

Les obligations convertibles n’auront pas déçu les investisseurs depuis le début de 2020. Elles leur ont en effet procuré des rendements à deux chiffres et ont surperformé les indices actions mondiaux ainsi que les indices internationaux d’obligations d’entreprise. Le niveau élevé de convexité et la bonne répartition sectorielle à l’approche de 2021, après plusieurs années de volumes élevés de nouvelles émissions, ont permis à la classe d’actifs d’offrir une protection contre le risque de baisse et de capter la hausse des marchés au cours d’une année 2020 volatile.

Le niveau élevé de l’offre cette année fait que 2020 est bien partie pour être une année record en termes volumes de nouvelles émissions, lesquelles proviennent essentiellement de deux types d’émetteurs. En premier lieu, certains émetteurs ont recours aux obligations convertibles pour bénéficier de taux de refinancement plus bas du fait de leur relative vigueur à l’heure actuelle (entreprises du secteur de la technologie par exemple). En second lieu, nous avons constaté des volumes élevés de la part d’entreprises pénalisées par les mesures de confinement, qui ont besoin de renforcer leur trésorerie. Globalement, ce niveau important de nouvelles émissions apporte de nouvelles opportunités d’investissement, une convexité accrue et des conditions d’offre intéressantes en termes de coupon et de prime. Autant de facteurs qui profitent grandement à la classe d’actifs dans son ensemble.

Optimisme pour l’année à venir

Les conditions de marché actuelles nous rendent optimistes pour l’année à venir, considérant les moteurs de performance en jeu pour les obligations convertibles. En termes de sensibilité aux actions, les marchés des obligations convertibles offrent désormais des options d’investissement attractives dans les entreprises qui bénéficient du passage au télétravail, comme celles des secteurs du cloud computing ou du commerce électronique, qui devraient selon nous continuer à dépasser les attentes.

Les entreprises du tourisme ou de l’événementiel les plus impactées par le Covid-19 ont multiplié les émissions d’obligations convertibles ces derniers temps, offrant la possibilité de participer à leur éventuel redressement tout en bénéficiant de la protection liée aux aspects défensifs des obligations convertibles.

Du point de vue du crédit, nous observons un cycle vertueux parmi ces entreprises en redressement, dans lequel la vigueur des actions sous-jacentes entraînera un resserrement significatif du crédit, renforçant ainsi les performances potentielles des obligations convertibles concernées. Si la situation venait à se dégrader, les obligations convertibles affichent généralement des taux de défaut inférieurs de 45 % à ceux des obligations d’entreprise à haut rendement traditionnelles.

Du point de vue des taux d’intérêt, nous pensons que les taux vont conserver leur tendance à court terme, sachant que les banques centrales à travers le monde souhaitent maintenir leur politique accommodante afin de maximiser la reprise économique. Du reste, les obligations convertibles ne sont pas particulièrement sensibles aux taux d’intérêt, leur duration modifiée atteignant environ 2,5 ans en moyenne.

Ces facteurs pris dans leur ensemble nous permettent d’anticiper un premier semestre 2021 solide, tiré par la progression continue du secteur de la technologie, la reprise des secteurs de la consommation et du tourisme, tant du point de vue des actions que du crédit, et un niveau de convexité globalement élevé après une année record en termes de nouvelles émissions. L’offre de nouvelles émissions devrait rester élevée en 2021, notamment au second semestre, où les entreprises devront refinancer des montants importants de dette et obtenir des liquidités supplémentaires. Les pressions haussières sur la valorisation du marché, relativement peu exigeante à l’heure actuelle, seront compensées par l’avantage qu’apportent une meilleure diversification des émetteurs et une convexité accrue.