5 bonnes raisons de s’intéresser aux « small caps »

Par James Ogilvy, Annabelle Vinatier et Jean-François Cardinet, analystes-gestionnaires actions européennes Micro, Small & Mid Caps chez Lazard Frères Gestion

James ogillvy
James Ogilvy
Les actions de petites et moyennes entreprises (« small caps ») présentent d’intéressants atouts pour les investisseurs. Attention toutefois à bien sélectionner les valeurs et construire une diversification efficace.

Investir sur le segment des small caps nécessite une très bonne maîtrise des risques. Les petites capitalisations ne sont, dans l’ensemble, pas plus volatiles que les grandes capitalisations, mais individuellement, leur cours de bourse peut être soumis à d'importantes fluctuations de court terme. En cause : une moindre liquidité et des activités plus spécifiques que celles des grandes entreprises. La diversification est donc essentielle pour investir sur ce segment de marché et limiter les éventuelles pertes liées à la volatilité de certains titres.

Investir dans un fonds spécialisé sur ce segment de marché peut être une bonne manière d’assurer cette diversification et de profiter ainsi des intérêts spécifiques offerts par les petites et moyennes valeurs. En voici les cinq principaux.

1. Les petites capitalisations ont tendance à développer des activités plus ciblées que les grandes entreprises. En tant qu'investisseur, il est donc possible de savoir exactement dans quoi l’on investit. Pour les investisseurs fondamentaux, cela permet surtout d'analyser en détail les produits, le marché et l'environnement concurrentiel dans lequel évoluent ces sociétés. Plus une entreprise est grande et complexe, plus cela devient difficile.

2. Comme elles sont à un stade précoce de leur développement, les petites capitalisations ont tendance à afficher une croissance des bénéfices plus élevée que les grandes entreprises. Au fil du temps, cette croissance dynamique se traduit par une meilleure performance. A titre d’exemple, l'indice EMIX Smaller Europe Euroland a dégagé un rendement annualisé de 12,25% depuis le 31/12/2011, contre 9,79% pour l'Eurostoxx. Cette performance reste également assez peu corrélée à celle des grandes capitalisations, ce qui permet de diversifier le risque dans l’allocation d’un investisseur.

3. Contrairement au marché très efficient des grandes capitalisations, suivies par de nombreux analystes, les petites capitalisations ont tendance à être moins surveillées par le marché. Il peut donc arriver que le cours d'une action ne reflète pas avec précision la véritable valeur économique de l'entreprise. Ceci entraîne une éventuelle sous-évaluation ou surévaluation, qu'un investisseur peut exploiter dans l’optique d’un retour ultérieur à la normale.

4. L’univers des petites capitalisations contient de nombreuses sociétés gérées et contrôlées par leurs fondateurs, ou par la famille des fondateurs. Ces entreprises ont tendance à être gérées de manière plus prudente, avec une vision stratégique à très long terme qui vient limiter les risques.

5. L’influence du management est également plus directe et moins diluée que dans les grands groupes, ce qui permet aux petites et moyennes entreprises d’être plus réactives face aux évolutions de la conjoncture. Il s’agit naturellement d’une opportunité mais aussi d’un risque, car un mauvais choix stratégique peut être lourd de conséquences. D’où l’importance de bien analyser les intentions de la direction avant d’investir.

Notons enfin que contrairement aux idées reçues, l’activité des petites et moyennes capitalisations ne se cantonne pas à l’échelle nationale ou locale. Ces entreprises, suffisamment grandes pour être cotées en bourse et valoir généralement plusieurs centaines de millions d’euros, écoulent souvent leur production dans plusieurs pays du monde, et bâtissent pour cela des stratégies commerciales ambitieuses.

En somme, investir sur le segment des small caps permet d’apporter du dynamisme au sein d’une allocation d’actifs plus globale sur les marchés actions. En contrepartie, cet investissement est naturellement plus risqué, ce qui nécessite un important travail de suivi des entreprises et de gestion active pour construire un portefeuille optimal.