Comment savoir si les marchés des actions sont chers ou pas chers en 2018? Cinq baromètres nous donnent une indication

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Duncan Lamont

Quel est le meilleur baromètre pour trouver des marchés où les actions sont peu chères? La valorisation est la clé de toute bonne décision d’investissement. La valorisation n’est cependant pas un bon indicateur pour prédire les fluctuations des marchés des actions à court terme, car ces derniers sont dominés par la peur, l’âpreté au gain et d’autres facteurs biaisants, explique Duncan Lamont, responsable de la recherche et de l’analyse chez Schroders . Il passe en revue les avantages et les inconvénients de cinq indicateurs de valorisation des marchés et indique quels sont les marchés chers et les marchés peu chers.

1. Ratio cours-bénéfices prévisionnel

Le ratio cours-bénéfices prévisionnel, aussi connu sous le nom de PER prévisionnel, est un baromètre général. La valeur boursière totale est divisée par le bénéfice attendu par action de toutes les entreprises cotées en bourse au cours des 12 prochains mois. Plus ce ratio est faible, meilleure est la valorisation. L’inconvénient est que nul ne connaît l’avenir et que personne ne sait à combien se chiffreront les bénéfices des entreprises. Les analystes essaient de faire des estimations, mais ils sont souvent à côté de la plaque. Ils surestiment les bénéfices des entreprises et le prix des actions semble alors inférieur à leur prix réel.

2. Ratio cours-bénéfices glissant

C’est pour cette raison que l’on a plus souvent recours au ratio cours-bénéfices glissant ou PER glissant, qui consiste à diviser la valeur en bourse par le bénéfice réalisé au cours des 12 mois écoulés par l’ensemble des entreprises cotées en bourse. Mais ce baromètre peut, lui aussi, donner une image biaisée, notamment si les bénéfices affichent un tassement et qu’ils repartent à la hausse conformément aux prévisions.

3. Ratio cours-bénéfices corrigé des variations cycliques (CAPE)

Le CAPE ou PER de Shiller est un ratio cours-bénéfice corrigé des variations cycliques. Ce ratio compare la valeur boursière au bénéfice moyen des dix dernières années en corrigeant les bénéfices pour tenir compte de l’inflation. Cela permet de filtrer les fluctuations dans les bénéfices à court terme. Si ce ratio est élevé, les rendements à court terme sont faibles. Mais c’est un mauvais indicateur pour prédire les points de basculement sur les marchés. D’après cet indicateur, les marchés américains des actions sont très chers depuis des années, mais cela ne les empêche pas de devenir encore plus chers.

4. Ratio cours-valeur comptable

Ce baromètre compare la valeur de marché des marchés des actions à sa valeur comptable, soit ce qu’il reste pour les actionnaires une fois que l’entreprise s’est acquittée de toutes ses obligations. Un ratio cours-valeur comptable élevé est synonyme d'un marché cher. Par exemple parce que l’on prévoit une forte croissance dans le futur. Son lien avec la valeur intrinsèque de l’entreprise rend le ratio cours-valeur comptable populaire auprès des investisseurs, notamment les investisseurs axés sur la valeur. Mais ce ratio joue un rôle moins important dans les entreprises technologiques et les entreprises du secteur tertiaire qui n’ont que peu d’actifs physiques. Des différences dans les méthodes comptables à travers le monde peuvent aussi être une cause d’écarts.

5. Rendement du dividende

Le rendement du dividende est un facteur très fréquemment utilisé pour calculer un rendement futur. Un rendement du dividende faible est considéré comme un signe de faible rendement futur. Mais ce baromètre est en perte de vitesse. Une des raisons de cet insuccès est le rachat massif d’actions par les entreprises pour donner des liquidités à leurs actionnaires au lieu de verser un dividende (et ces rachats d’actions font grimper les cours des actions). Cet indicateur ne fonctionne pas non plus pour une série de grandes entreprises de croissance, qui ne versent aucun dividende ou seulement un dividende modeste, mais qui investissent leurs revenus dans leur croissance future.

Comparer les régions

Les investisseurs ne doivent pas se contenter de comparer les régions sur la base d’un indicateur de valorisation. Il faut aussi tenir compte des différences au niveau des règles comptables ou dans la composition des marchés des actions. Les actions technologiques sont par exemple plus chères que celles des autres secteurs en raison de leurs perspectives de croissance élevée. Un marché où les actions de ce type sont relativement nombreuses affichera une valorisation plus élevée. Pour comparer les marchés, Schroders évalue chaque marché à l’aune de sa propre moyenne historique et fait la comparaison sur cette base.

Le tableau ci-dessous montre les indicateurs de valorisation de cinq marchés des actions régionaux différents ainsi que leur moyenne (médiane) des 15 dernières années. Les chiffres sont arrondis et les cases sont colorées en rouge foncé lorsqu’ils dépassent de plus de 10% à leur moyenne sur 15 ans et en vert foncé lorsqu’ils y sont inférieurs de plus de 10%, les cases de couleur plus claire se situant entre les deux. Le tableau est presque entièrement rouge foncé. À l’exception du Japon, les marchés sont généralement chers en ce moment.


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Japon: valorisations attrayantes, mais exposition aux risques

Le Japon est le seul marché qui affiche des valorisations visiblement attrayantes. Le rendement du dividende est supérieur à la moyenne et le marché, peu cher sur la base du ratio cours-bénéfices. Les entreprises profitent de la croissance des marges bénéficiaires et tant la politique monétaire que la politique de dépenses publiques sont soutenues. Certains indicateurs classent néanmoins le Japon dans les marchés chers et le pays est fortement exposé aux risques causés par le protectionnisme et par la Corée du Nord.

Les marchés émergents sont devenus chers

Les marchés émergents ont connu une année 2017 très forte. Avec un rendement au-dessus de la barre des 30 %, ils ont surpassé les marchés développés. Les valorisations sont actuellement très élevées et le rendement risque de baisser fortement.

L’Europe semble chère, mais reste attrayante

L’Europe est en meilleure position que ne le suggèrent les valorisations. La reprise cyclique est en route. Les marges bénéficiaires peuvent croître, ce qui fera augmenter les bénéfices des entreprises et dopera le rendement des actions.

Les États-Unis sont et restent chers

Le marché américain des actions est le marché le plus cher et ce n’est pas vraiment une surprise. Cette situation perdure depuis déjà plusieurs années. Les baisses d’impôt prévues devraient à court terme redonner un coup de fouet à la rentabilité des entreprises. Sur le long terme, les valorisations ne seront très probablement pas positives pour le marché américain, mais elles sont rarement la cause d’une détérioration des marchés.

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