Les investisseurs obligataires doivent-ils craindre une hausse des taux d’intérêt?

La hausse des taux d’intérêt et le resserrement de la politique monétaire sont partout à l’ordre du jour à l’échelle internationale. La FED et la Banque d’Angleterre vont progressivement relever leurs taux d’intérêt, tandis que la BCE et la Banque du Japon démantèlent leurs programmes d’assouplissement quantitatif. De nombreux investisseurs s’attendent à ce que cette situation entraîne une hausse du taux des obligations d’État et, compte tenu de la relation inverse entre les taux d'intérêt et le prix (lorsque les taux montent, le prix descend) une baisse des prix obligataires. La nervosité s’empare donc des investisseurs dans les valeurs à taux fixes, y compris les obligations des entreprises. Clement Yong, stratège chez Schroders , juge pourtant cette crainte excessive.

Aucune raison de stresser

Schroders considère comme instruments de crédit ou obligations des entreprises tant les obligations de type investment grade (émises par des sociétés solvables) que les obligations à haut rendement (émises part des entreprises moins solvables qui doivent de ce fait offrir un rendement et un revenu plus élevés) et les obligations des marchés émergents. Une analyse de Schroders a montré qu’une hausse des taux d'intérêt n’a pas automatiquement des conséquences graves pour les actifs générateurs de revenus, y compris les instruments de crédit.

Les principaux résultats de cette analyse basée sur les périodes de hausses des taux d’intérêt de 1970 à début 2017 et leur impact sur les rendements sont les suivants:

  • Les actifs générateurs de revenus ont eu des rendements positifs en période de hausse des taux, à l’exception des obligations d’État et des obligations des entreprises.
  • Les obligations d’État et les obligations des entreprises de type investment grade ont affiché des résultats beaucoup plus médiocres en période de hausse du taux obligataire qu’en période de baisse de ce taux.
  • Beaucoup d’autres actifs des portefeuilles axés sur le revenu ont bien résisté. Certains actifs ont même affiché des résultats meilleurs en période de hausse des taux.

    Ces conclusions peuvent déjà rassurer quelque peu les investisseurs. Les taux d’intérêt remontent généralement sous l’effet d’une croissance économique plus forte. C’est justement dans ces moments-là que les actifs sensibles à la croissance économique peuvent enregistrer des rendements meilleurs. Clement Yong pointe en particulier les obligations à haut rendement. Si les fondamentaux continuent à s’améliorer, les bénéfices des entreprises vont augmenter, ce qui améliorera aussi leur solvabilité. Leurs obligations s'en trouveront renforcées.

    Conseils aux investisseurs obligataires en période de tension des taux d'intérêt

    Les actifs affichent donc des résultats qui peuvent varier. La plupart des rendements sont même positifs en période de hausse des taux. D’où l’importance d’une bonne allocation des actifs. Clement Yong souligne aussi que les investisseurs ne doivent pas oublier pourquoi ils ont une exposition aux instruments de crédit. S’ils visent uniquement le rendement, il peut s’avérer utile de réduire cette exposition en période de hausse des taux. S’ils visent également le fait d'avoir un revenu, il n’y a pas lieu de céder à la panique.

    Tout investissement en obligations nécessite un horizon de placement adapté. Cela suppose de faire preuve de patience et de sang-froid en période de hausse des taux.

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