Un ballon d’essai lancé par la BCE

Semaine de légère correction sur les marchés actions et les marchés obligataires. La seule classe d’actifs à tirer son épingle du jeu a été le pétrole, dans la foulée de l’accord d’Alger. Signalons aussi la forte baisse de la livre, pénalisée par des craintes de « hard Brexit » après les déclarations de Theresa May et sa décision d’activer l’Article 50 d’ici la fin du premier trimestre 2017.

La hausse des prix du pétrole (et la hausse des anticipations d’inflation) ont fragilisé le marché obligataire, pénalisé par ailleurs par les bonnes nouvelles macroéconomiques outre-Atlantique (net redressement du moral des chefs d’entreprises, créations d’emplois robustes) et les rumeurs de « tapering » en zone euro. La Banque centrale européenne (BCE) ne va évidemment pas arrêter ses achats de titres du jour au lendemain, mais ces rumeurs peuvent être un ballon d’essai lancé par la BCE elle-même pour tester le marché.

En effet, Mario Draghi paraît de plus en plus réticent à vouloir poursuivre la baisse des taux d’intérêt en territoire toujours plus négatif (en raison du coût supporté par les banques) et à poursuivre le QE au rythme actuel (80 milliards d'euros par mois). Mettre un peu plus d’incertitude sur le marché obligataire est de bonne politique, ce dernier étant devenu très complaisant sur le caractère indéfiniment accommodant des politiques des banques centrales.

Grâce à leur duration courte, les poches obligataires de nos fonds diversifiés n’a pas été impactées par la chute des marchés obligataires observée cette semaine.