Les investisseurs belges peu séduits par l’ESG

L’enquête Schroders Global Investor 2016, conduite auprès de 20 000 investisseurs basés dans 28 pays, montre qu’avec les investisseurs suédois, néerlandais et japonais, les investisseurs belges sont ceux qui tiennent le moins compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs décisions de placement. Des différences régionales significatives apparaissent aussi au niveau belge, les préoccupations ESG ayant moins la cote en Flandre que dans le reste du pays.

À l’échelle mondiale, les personnes de la Génération Y (de 18 à 35 ans) sont plus susceptibles d’accorder une grande importance aux critères ESG que les investisseurs plus âgés (de 36 ans et plus). Selon cette enquête, la Génération Y estime que les critères ESG sont aussi importants que les résultats d’investissement dans le choix d’un placement. L’enquête montre aussi que les investisseurs internationaux conservent en moyenne les placements ESG 2,1 ans de plus que leurs autres investissements. Par contre, en Belgique, les investisseurs de la génération Y accordent autant d’importance aux critères ESG que les investisseurs plus âgés.

La Génération Y est demandeuse d'investissements respectant les critères ESG

Les critères ESG, comme la gouvernance d’entreprise, la responsabilité sociale et les impacts environnementaux (par ex., pauvreté dans le monde et réchauffement climatique), revêtent plus d’importance pour la Génération Y à l’échelle mondiale que pour les générations précédentes au moment d'investir. Les opinions de ces deux groupes d’âge diffèrent surtout en ce qui concerne les enjeux sociaux au niveau mondial, comme la pauvreté et le réchauffement climatique, les personnes de la Génération Y leur attribuant en moyenne plus d’importance (7,2/10) que les investisseurs plus âgés (6,4/10). L’enquête est aussi arrivée à la conclusion que la Génération Y était plus susceptible de retirer ses capitaux des entreprises ayant un mauvais historique en matière de critères ESG, notamment celles associées à la fabrication/vente d’armes ou liées à des régimes répressifs.

La plupart des groupes d’investisseurs recherchent une bonne gouvernance d’entreprise, cette question arrivant en tête de leurs préoccupations en matière d’ESG. Toutefois, une fois de plus, cette question semble plus préoccuper la Génération Y (7,4/10) que les investisseurs plus âgés (7,0/10).

Pour les investisseurs belges, l’aspect ESG plus important semble être la qualité de la gouvernance d’entreprise (6,2). D’autres thématiques, comme la responsabilité sociale (6,0), l’impact positif sur l’environnement (6,0), les enjeux sociaux positifs (5.8) et les enjeux sociaux non locaux positifs (5.8), sont considérées comme des sujets ESG légèrement moins importants.

Les critères ESG, une alternative au court-termisme

L’enquête montre que la plupart des investisseurs internationaux sont prêts à conserver leurs placements ESG plus longtemps: 82 % d’entre eux se sont prononcés en ce sens. Près d'un tiers (38 %) déclare qu'ils resteraient investis dans les entreprises ayant une philosophie favorable aux enjeux ESG pendant au moins deux ans de plus qu’avec leurs investissements habituels.

Comme dans la plupart des autres pays, les investisseurs belges affirment vouloir rester investis dans un produit d’investissement à l’impact ESG positif pendant environ deux ans (2,1) de plus, ce qui n’est pas assez long pour avoir un véritable impact réel. Plus de la moitié (57 %) a déclaré qu’ils resteraient investis moins de deux ans de plus que d’habitude, et 18 % ne pensent pas rester investis plus longtemps. Plus d’un tiers (34 %) a déclaré qu’ils investiraient pendant au moins 2 ans de plus qu’avec un produit traditionnel. 8 % ne se sont pas prononcés.

La valeur des critères ESG

En moyenne, les investisseurs internationaux accordent moins d’importance aux enjeux ESG qu’à la croissance tangible à long terme (notée 7,8/10) au moment de choisir un placement. Toutefois, ils notent tout de même bien les critères ESG avec 6,9/10 en moyenne, signe de la grande importance qu’ils accordent à ces deux questions. Pour de nombreux experts, ces deux considérations sont indissociables.

En Belgique, les aspects ESG les plus importants ont été jugés moins importants par les investisseurs que les aspects relatifs au résultat de l’investissement, et les investisseurs belges en ont une appréciation assez faible, par rapport à la quasi-totalité des autres pays.

Pour les investisseurs belges, les thèmes ESG négatifs ont une dimension plus émotionnelle et se traduisent par des variations plus marquées dans les réponses. Environ 1/3 d’entre eux sont prêts à retirer leurs capitaux s’ils se rendent compte que l’investissement concerne une entreprise ayant des liens avec des régimes répressifs (35 %) ou associés au trafic d’armes (31 %). Près de 50 % des sondés ont un avis moins tranché, mais envisageraient de retirer leurs capitaux en cas de mauvaises performances au niveau de la responsabilité sociale (46 %), en raison d’un impact négatif sur le changement climatique (53 %) et si une entreprise fait l’actualité pour de mauvaises raisons (43%).

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