La dette des marchés émergents : rétrospective 2016 et perspectives 2017

En dépit d’une année houleuse sur le front politique, les actifs des marchés émergents se sont révélés étonnamment résistants aux différents événements internationaux, même face à la hausse des rendements des emprunts d’État refuges au second semestre 2016. Grâce à des valorisations, tant des spreads de crédit que des devises, qui reflétaient déjà en début d’année un certain nombre de mauvaises nouvelles, la classe d’actifs est ainsi parvenue à traverser l’année de manière relativement satisfaisante.

Le retour des flux de capitaux à destination de la classe d’actifs à la suite du vote en faveur du « Brexit » et le rebond des prix des matières premières, surtout du pétrole, ont également contribué à la contraction des spreads.

Quelles sont les principales perspectives pour les marchés émergents pour 2017?

  • Les performances totales se sont avérées quasiment identiques pour la dette en devise forte, en devise locale et des entreprises en 2016. L’allocation d’actifs n’était pas une source de performance prédominante pour la classe d’actifs et je m’attends à ce qu’il en soit de même en 2017.
  • Le gros point noir est le yuan chinois qui continue d’être vulnérable à des sorties de capitaux et à des nouvelles potentiellement négatives si la prochaine administration américaine devait appliquer des politiques commerciales hostiles et/ou voir dans la Chine un pays manipulateur de devise.
  • · La probabilité de nouveaux événements de crédit souverain sont désormais centrés sur le Venezuela qui sera l’issue binaire par excellence en 2017. Une fois encore, soit le pays se révélera l’émetteur le plus performant s’il ne fait pas défaut, soit il sera le moins performant s’il fait défaut.
  • L’évolution de la situation politique et économique aux États-Unis et les élections de première importance en Europe sont les principaux événements prévisibles qui seront à assimiler en 2017. La normalisation de la politique monétaire se poursuit outre-Atlantique et, les rendements des emprunts d’État, bien que n’étant pas historiquement bon marché, se sont au moins rapprochés de leur juste valeur à court terme et devraient être moins préjudiciables aux performances en 2017.
  • · La sélection « bottom-up » des titres en devise forte et en devise locale restera assez importante, mais la dispersion des performances sera bien moindre qu’en 2016. Je pense que le bêta et le risque global seront plus importants compte tenu des valorisations initiales.