Finovox, le spécialiste de la détection de fraude documentaire, dévoile les résultats de son étude européenne* menée auprès de 8 000 répondants dans huit pays. Dans un contexte marqué par la digitalisation des démarches et l’essor de l’intelligence artificielle, l’étude met en lumière une banalisation progressive de la fraude en Belgique, perçue comme accessible et de plus en plus intégrée dans les usages du quotidien.
Alors que la fraude bancaire domine en Allemagne (34 %), au Royaume-Uni (34 %) et aux Pays-Bas (32 %), la Belgique affiche une spécificité marquée : les fraudes liées aux démarches du quotidien (aides, abonnements, services) y sont largement majoritaires, représentant 38 % des cas, contre 32 % en France.
En Belgique la fraude s’inscrit avant tout dans une logique d’usage, moins structurée que dans d’autres pays européens. Elle repose davantage sur des opportunités ponctuelles que sur des schémas organisés, contrairement au Royaume-Uni ou à l’Allemagne où les pratiques apparaissent plus diversifiées et sophistiquées.
Cette dynamique rapproche la Belgique de l’Espagne, avec une fraude largement diffusée dans les démarches courantes, mais moins présente sur des segments complexes comme la banque ou le crédit (14 % en Belgique, contre 32 % aux Pays-Bas et 34 % au Royaume-Uni).
L’étude révèle des motivations proches de celles observées dans les autres pays d’Europe occidentale. En Belgique, 28 % des fraudeurs évoquent des difficultés financières, un niveau comparable à la France (27 %) et supérieur aux Pays-Bas (21 %). Parallèlement, la simplification des démarches administratives apparaît comme un levier important (28 %), tout comme le gain de temps et l’évitement des contraintes, des motivations particulièrement marquées au Royaume-Uni (41 %).
Autre enseignement clé : la fraude documentaire est perçue comme facile dans l’ensemble des pays étudiés. En Belgique, comme en France, environ 51 % des répondants estiment qu’il est simple de falsifier un document.
Ce niveau reste inférieur à celui du Royaume-Uni (75 %), mais proche des Pays-Bas (63 %) et de l’Allemagne (59 %), confirmant une perception largement partagée à l’échelle européenne. L’essor des outils numériques et de l’intelligence artificielle joue un rôle déterminant dans cette évolution. Désormais, modifier une fiche de paie, un contrat ou un justificatif ne nécessite plus de compétences techniques avancées.
La Belgique se distingue également par un niveau d’intention plus élevé que la moyenne européenne. 19 % des non-fraudeurs déclarent avoir déjà envisagé de commettre une fraude, contre environ 8 % dans la majorité des autres pays, dont la France et les Pays-Bas. Ce chiffre place la Belgique au même niveau que l’Espagne et souligne une évolution des perceptions, dans un contexte où la fraude apparaît de plus en plus accessible.
Malgré cette banalisation, la perception du risque reste un facteur important. 42 % des non-fraudeurs belges citent la peur des conséquences comme principal frein, un niveau supérieur à celui observé en France (38 %) ou aux Pays-Bas (28 %).
Du côté des fraudeurs, seuls 7 % jugent “très probable” une récidive, contre des niveaux plus élevés au Royaume-Uni ou en Allemagne, suggérant une pratique encore opportuniste plutôt qu’installée.
Dans ce contexte, la lutte contre la fraude documentaire apparaît comme un enjeu croissant pour les entreprises. Une part significative des répondants estime que les dispositifs actuels ne sont pas encore pleinement adaptés pour faire face à ces nouvelles formes de fraude. Pour Finovox, la prévention doit désormais s’intégrer dès le point d’entrée des documents, afin de détecter les falsifications en amont.