« Il y a encore énormément de gâchis dans le système bancaire »

Par Cédric Boitte

Avec une campagne portée par Brad Pitt et un taux d’intérêt promotionnel à 3%, Trade Republic veut secouer les habitudes bancaires. Pour Vincent Grard, responsable France et Benelux de la néobanque, l’objectif dépasse largement le simple coup marketing et vise à pousser les Belges à s’interroger sur la rémunération de leur argent.

Pourquoi avoir choisi Brad Pitt comme ambassadeur mondial ?

Vincent Grard : L’idée n’est évidemment pas de faire croire que Brad Pitt utilise Trade Republic. D’ailleurs, étant Américain, il ne peut même pas ouvrir de compte chez nous pour des questions réglementaires. Notre objectif est de capter l’attention et de pousser les gens à se poser une question simple : qu’est-ce que leur banque leur apporte réellement aujourd’hui ? Il y a encore énormément de gâchis dans le système bancaire traditionnel. Beaucoup d’argent dort sur des comptes peu ou pas rémunérés. Avec cette campagne, Trade Republic veut bousculer les habitudes bancaires et replacer la question de la rémunération de l’épargne au centre des préoccupations.

Cette campagne s’accompagne également d’une offre à 3% destinée aux nouveaux clients. Pourquoi cette offensive maintenant ?

Vincent Grard : On s’est rendu compte que lorsqu’une personne commence à utiliser Trade Republic, le fait de recevoir des intérêts sur son argent du quotidien change énormément leur perception de l’épargne. Beaucoup découvrent finalement qu’il est possible d’être rémunéré sur l’argent qui reste sur leur compte courant, pas uniquement sur un livret. Le contexte joue aussi. Avec les tensions géopolitiques et le retour des inquiétudes autour de l’énergie, l’inflation recommence à préoccuper les ménages. Dans ce contexte, avoir 3% d’intérêts sur son cash peut aider les familles à préserver une partie de leur pouvoir d’achat.

Votre offre à 3% s’appliquant à l’ensemble des dépôts, elle ne bénéficie pas de l’exonération fiscale prévue pour les livrets d’épargne ?

Vincent Grard : Non, en effet et c’est voulu de notre part car le système belge impose certaines contraintes, comme la prime de fidélité. Ce n’est pas notre philosophie. Chez nous, les intérêts sont calculés quotidiennement et versés chaque mois. Cela signifie d’ailleurs que le rendement réel est légèrement supérieur à 3% grâce aux intérêts composés. En revanche, cela ne donne pas accès à l’avantage fiscal des comptes réglementés. Mais quand on regarde les offres existantes en Belgique, même avec les primes de fidélité, aucune banque n’offre un taux comparable, même en tenant compte du précompte mobilier de 15%.

Trade Republic compte aujourd’hui plus de 10 millions de clients. Quelle est la clé de votre succès ?

Vincent Grard : Nos taux attractifs, alignés sur les conditions de la Banque centrale européenne hors périodes promotionnelles, jouent évidemment un rôle important, tout comme notre politique tarifaire. Mais nous constatons ainsi un engouement très fort pour nos plans d’investissement automatisés.

C’est un élément essentiel à nos yeux, car la mission de Trade Republic est restée la même depuis le premier jour : aider les Européens à mieux préparer leur avenir financier et à faire face au défi des pensions. Nous sommes convaincus que l’investissement progressif est l’un des meilleurs leviers pour offrir davantage de liberté financière au plus grand nombre.

La Belgique est-elle un marché prioritaire pour Trade Republic ?

Vincent Grard : Clairement. Nous avons déjà plusieurs centaines de milliers de clients belges et nous voulons aller beaucoup plus loin. Notre priorité pour la Belgique est la création d’une succursale locale afin de simplifier toute la partie fiscale pour nos clients, notamment la gestion de la taxe sur les opérations boursières (TOB).

C’est d’ailleurs l’un des principaux retours que nous recevons via le service client. Aujourd’hui, beaucoup de démarches doivent encore être réalisées manuellement et nous voulons améliorer cette expérience.

Un service client que Trade Republic a récemment renforcé ?

Vincent Grard : Nous avons effectivement énormément investi dans ce domaine. Comme beaucoup d’entreprises technologiques, nous pensions que l’intelligence artificielle pouvait répondre à la plupart des besoins. Mais dans la banque, lorsqu’une personne perd sa carte ou fait face à un problème urgent, elle souhaite souvent pouvoir parler à une personne.

Aujourd’hui, nos clients peuvent joindre un conseiller humain 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris par téléphone. Pour accompagner cette évolution, nous avons recruté plus de 1.000 collaborateurs.