Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management
Le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran est important. Il ne résout pas tous les problèmes sur le terrain. Mais il pourrait suffire à faire passer le risque géopolitique au second plan et à précipiter un changement de régime sur les marchés. La prime de stagflation liée au choc énergétique, intégrée dans les cours depuis mars, pourrait se dégonfler rapidement.
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Les banques centrales devraient continuer à adopter un discours prudent, voire restrictif, afin de préserver leur crédibilité dans les mois à venir. Dans les faits, toutefois, la plupart d’entre elles devraient s’abstenir de relever davantage leurs taux, à l’exception peut-être de la Banque Centrale Européenne en septembre. Les derniers chiffres de l’inflation britannique plaident en faveur du statu quo, tandis que certaines banques centrales émergentes, comme celle de Hongrie, ont déjà repris leurs baisses de taux.
Nous continuons d’anticiper un pic d’inflation vers la fin de l’été, avant une trajectoire nettement plus désinflationniste à l’horizon 2027. Cette analyse est aujourd’hui largement partagée par le consensus. Là où nous divergeons davantage, c’est sur la trajectoire de la politique monétaire américaine. Nous estimons que les investisseurs sous-estiment la possibilité d’un retour relativement rapide des baisses de taux aux États-Unis.
La croissance américaine reste solide. Mais deux facteurs principaux pourraient contribuer à un ralentissement au second semestre. La progression des salaires montre déjà des signes d’essoufflement et les investissements massifs des hyperscalers pourraient avoir atteint leur contribution maximale à l’activité. Dans ce contexte, une baisse des taux de la Réserve fédérale d’ici la fin de l’année ne peut être exclue. Si ce scénario se matérialisait, il confirmerait le passage d’un environnement dominé par les craintes de stagflation à un régime davantage marqué par la désinflation et le ralentissement de la croissance.
Dans cet environnement, le Japon fait figure d’exception. Comme attendu, la Banque du Japon a porté son taux directeur à 1% la semaine dernière. Lorsque cette situation s’était produite en juillet 2024, les marchés avaient fortement réagi : débouclage des opérations de carry trade financées en yen, hausse de la volatilité sur les devises et correction des valeurs technologiques. Bonne nouvelle, cela ne va pas se produire cette fois-ci. Pourquoi ? Le marché ne croit pas à un renforcement durable du yen. Au contraire, il table sur une baisse prolongée. Tous les indicateurs vont dans ce sens-là : Les comptes intra-groupes des succursales japonaises de banques étrangères - un bon indicateur des investissements offshore financés en yen - ont fortement progressé ces derniers mois. Les données de la CFTC montrent une augmentation des positions nettes vendeuses sur le yen, aussi bien chez les investisseurs institutionnels que chez les fonds à effet de levier. Les mouvements intrajournaliers sur le marché des changes continuent de refléter des flux persistants de vente de yens, notamment de la part des investisseurs américains. Le positionnement des investisseurs particuliers japonais sur le marché des changes montre également une reprise des stratégies vendeuses sur le yen face aux devises émergentes. Pour assister à une appréciation durable du yen et à un débouclage significatif des positions de carry trade, il faudrait probablement que la Banque du Japon pousse son taux directeur beaucoup plus haut, autour de 2%. Un tel scénario ne paraît pas d’actualité.
Première estimation de l’activité dans les services et le secteur manufacturier en juin des deux côtés de l’Atlantique. Le secteur manufacturier américain devrait continuer d’être soutenu par les investissements massifs dans l’IA.
Peu connu du grand public, le rhénium est l'un des métaux industriels les plus rares au monde. Sa production est inférieure à 100 tonnes par an ! Sous l'effet de la forte demande du secteur aéronautique et d'une offre extrêmement contrainte, son prix a plus que doublé depuis le début de 2025 pour atteindre presque 5500 euros le kilo*.
À court terme, la flambée des prix devrait continuer.
*Conversion du taux de change EUR/USD au 17 juin 2026.