La nouvelle étude de Schroders Capital montre que le marché mondial des opérations de continuation a continué de croître fortement en 2025, atteignant des niveaux records, et reste en bonne voie pour plus que tripler d’ici 2035.
Selon l’étude, les facteurs conjoncturels n’ont représenté que 9 % des volumes d’investissement en 2025, ce qui signifie que le marché est de plus en plus porté par des moteurs structurels de long terme. Il s’agit d’une évolution majeure appelée à redessiner l’architecture du marché du buyout, et non d’une simple solution temporaire dans un environnement de sorties ralenti.
Les opérations de continuation remplacent en partie les cessions secondaires entre sponsors, qui ont représenté plus d’un tiers des volumes de sortie du private equity au cours des deux dernières décennies.
Les transactions sponsor-to-sponsor ont historiquement constitué une source majeure de flux d’opérations, en particulier sur le segment des grandes capitalisations. Schroders Capital estime qu’environ 5 % de l’ensemble du flux d’opérations de buyout mid et large-cap pourrait être déplacé au cours des dix prochaines années.
Paris, le 3 Juillet 2026 : Schroders Capital annonce aujourd’hui la publication de sa dernière étude annuelle consacrée aux opérations de continuation. L’analyse de Schroders Capital prévoit que le marché mondial des opérations de continuation, également appelées transactions secondaires menées par les GP, continuera d’accélérer au cours de la prochaine décennie, porté par des facteurs structurels.
Le modèle développé par l’équipe private equity anticipe une croissance soutenue des marchés de continuation à moyen et long terme. Dans son scénario central, Schroders Capital prévoit des volumes d’investissement supérieurs à 330 milliards de dollars d’ici 2035. Cette prévision reflète des dynamiques structurelles de marché qui continuent d’allonger la durée de détention des actifs de private equity au-delà des périodes initiales, sous le même actionnariat, ainsi qu’une demande des investisseurs pour des investissements présentant un risque réduit, des rendements plus prévisibles, une liquidité plus rapide et des frais moins élevés. Dans d’autres scénarios, l’analyse suggère même que le marché pourrait connaître une expansion plus importante, jusqu’à cinq fois ses niveaux actuels. Le marché des opérations de continuation a encore gagné en dynamique l’an dernier. La valeur totale des transactions est passée de 76 milliards de dollars en 2024, chiffre révisé, à un nouveau record de 109 milliards de dollars en 2025.
Les opérations de continuation constituent un phénomène croissant sur le marché du private equity et représentent une transformation structurelle importante dans la manière dont l’industrie crée et réalise de la valeur. Si des facteurs conjoncturels ont accéléré les volumes de transactions au cours des dernières années, l’analyse de Schroders Capital montre que ces facteurs ne font qu’accentuer la croissance régulière et continue observée sur ce segment depuis dix ans.
« Au cours de l’année écoulée, les tendances que nous avions identifiées se sont non seulement poursuivies, mais accélérées, les opérations de continuation s’imposant de plus en plus comme une composante centrale du paysage du private equity, plutôt que comme une réponse de court terme à des conditions de sortie difficiles. Notre analyse démontre clairement que les opérations de continuation ne sont ni cycliques ni temporaires par nature. Les forces structurelles sous-jacentes continuent de soutenir le marché, avec des perspectives de croissance revues à la hausse.
Ce qui est le plus disruptif n’est pas le fait que les actifs de private equity puissent rester privés plus longtemps : cela existe depuis des décennies à travers les opérations sponsor-to-sponsor. Ce qui change, c’est que les transactions de continuation permettent au sponsor d’origine de conserver le contrôle, tout en apportant de nouveaux capitaux et une liquidité optionnelle aux investisseurs existants. À ce titre, les opérations de continuation catalysent une reconfiguration fondamentale de la manière dont la valeur est générée et réalisée dans l’investissement en buyout. En résumé, notre analyse montre que l’essor des opérations de continuation n’est pas une simple solution temporaire, ni une tendance passagère : il s’agit d’une force disruptive qui redessine l’architecture du private equity. Avec la poursuite de cette croissance, nous nous attendons à voir émerger davantage d’innovations d’investissement dans ce segment afin de répondre à une demande croissante des investisseurs. »
Une croissance soutenue appelée à se poursuivre : un marché qui devrait plus que tripler par rapport au record de 2025
La trajectoire récente de croissance du marché des opérations de continuation ne montre aucun signe de ralentissement. Sur la base des projections prudentes de Schroders Capital, fondées sur la pénétration croissante des opérations de continuation, l’augmentation de la valeur nette des actifs du private equity dans son ensemble et la reprise attendue des distributions en private equity, le marché devrait connaître une expansion de plus de trois fois au cours de la prochaine décennie, par rapport au niveau déjà record et supérieur aux prévisions atteint en 2025.
Plus précisément, dans son scénario central, Schroders Capital prévoit que les volumes totaux d’opérations de continuation passeront d’environ 109 milliards de dollars en 2025 à plus de 330 milliards de dollars d’ici 2035.
Selon l’analyse de Schroders Capital, les facteurs conjoncturels favorables aux opérations de continuation ont contribué à hauteur d’environ 9 % du volume des transactions en 2025, contre 14 % en 2024. Ce recul renforce la conclusion selon laquelle l’essentiel de la croissance du marché est tiré par des évolutions structurelles.
Schroders Capital identifie cinq facteurs structurels clés à l’origine de la croissance de ce segment, qui reflètent à la fois l’évolution de long terme du marché et certaines dynamiques de plus court terme :
1. La prolongation de la détention d’actifs de private equity au-delà de la période initiale constitue une méthode établie pour accompagner la transformation des entreprises.
2. La poursuite de la transformation d’une entreprise sous actionnariat private equity ne nécessite pas toujours un changement de propriétaire.
3. Les opérations de continuation constituent un moyen efficace, en termes de coûts, de poursuivre cette transformation.
5. Le déficit conjoncturel de sorties accélère actuellement la demande de solutions de liquidité alternatives.
Le fait que les entreprises restent dans l’écosystème du private equity après leur période de détention initiale n’est pas nouveau. Les opérations de buyout sponsor-to-sponsor, dans lesquelles un gérant de fonds cède une société en portefeuille à un autre, représentent une part importante des sorties depuis plus de vingt ans, avec en moyenne 38 % du nombre de transactions et 36 % de leur valeur depuis 2006.
Ce flux d’opérations est désormais partiellement déplacé, les opérations de continuation constituant souvent une alternative plus adaptée et moins coûteuse pour poursuivre la transformation des entreprises. Un nombre croissant d’actifs restent ainsi détenus par le même gérant, via un véhicule de continuation et, généralement, avec l’apport de nouveaux capitaux. Parallèlement, la trajectoire de croissance des entreprises de grande qualité dépasse de plus en plus le cycle d’investissement standard de quatre à cinq ans des fonds de private equity sous le même actionnariat. Ce déplacement des flux d’opérations perturbe une partie du marché du buyout, en particulier sur les segments mid et large-cap.
Au cours des deux dernières décennies, ces stratégies se sont de plus en plus appuyées sur les transactions sponsor-to-sponsor comme principale source d’opérations, celles-ci représentant plus de la moitié de leurs nouveaux volumes de transactions ces dernières années, et entre un quart et un tiers des nouveaux investissements en 2025. Sur la base de ses prévisions de croissance du marché de la continuation, Schroders Capital estime désormais que près de 5 % de l’ensemble du flux d’opérations de buyout mid et large-cap pourrait être déplacé au cours des dix prochaines années, par rapport à ce qu’il aurait été autrement.
Une telle évolution aura un impact significatif sur les grands gérants de buyout et les acteurs du secondaire. Avec la récente montée en puissance de stratégies dédiées aux opérations de continuation, le marché a gagné en maturité et en capacité de levée de fonds, ce qui constitue à son tour un moteur supplémentaire pour les volumes de transactions en 2026 et au-delà.
Schroders Capital estime que le lower mid-market, qui recouvre les investissements dans des fonds de continuation portant sur des sociétés en portefeuille de petite et moyenne taille, avec des valeurs d’entreprise inférieures à 1 milliard de dollars, présente des caractéristiques structurellement plus attractives. Selon l’analyse des flux d’opérations entre 2022 et 2024, plus des deux tiers des transactions potentielles de fonds de continuation évaluées par Schroders Capital concernaient des entreprises dont la valeur d’entreprise était inférieure à 750 millions de dollars.
Petr Poldauf, Directeur principal des investissements - Capital-investissement chez Schroders Capital, commente :
« Si les fonds de continuation se développent sur l’ensemble du spectre du private equity, nous considérons que le lower mid-market est particulièrement attractif. Plusieurs facteurs rendent ce segment spécialement intéressant : il offre un univers d’opportunités vaste et diversifié, souvent assorti de conditions économiques plus favorables et d’un potentiel plus important de création de valeur par la transformation. Il tend également à faire preuve d’une plus grande résilience en période d’incertitude, dans la mesure où nombre des entreprises sous-jacentes sont davantage tournées vers leur marché domestique et orientées vers les services, ce qui peut les rendre moins exposées aux tensions commerciales et géopolitiques qui alimentent aujourd’hui un regain de volatilité des marchés.
À mesure que le marché des opérations de continuation gagne en maturité, nous observons une reconnaissance croissante des bénéfices potentiels pour les gérants de fonds, les investisseurs existants et nouveaux, ainsi que les nouveaux acquéreurs secondaires. Selon nous, cette dynamique continuera de soutenir la croissance du marché. »