Le match de l'IA ?

Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management


Selon le fonds spéculatif américain Citadel, l'un des géants du secteur, la Chine dominerait 67 des 74 technologies critiques.


Comment expliquer cette avance ?


Le gouvernement chinois a commencé à investir massivement dans l'enseignement scientifique dès les années 1990. La génération formée à cette époque dirige aujourd'hui les laboratoires, les usines et les start-ups qui dominent ces 67 technologies. C'est le résultat de trente ans de politique éducative.


Le match est-il pour autant perdu pour l'Europe ? Pas nécessairement. Il est toujours possible de former davantage d'ingénieurs et de les inciter à rester plutôt qu'à partir aux États-Unis. En revanche, les bénéfices économiques de cette stratégie ne seront perceptibles que dans 15 à 20 ans.


Il ne faut pas non plus négliger l'effet de l'IA, qui pourrait rebattre progressivement les cartes. Si elle permet d'accomplir en quelques minutes ce qu'un ingénieur réalise en plusieurs semaines, l'avantage lié à la formation de centaines de milliers, voire de millions d'ingénieurs chaque année s'atténue. Dans ce scénario, ce n'est plus le nombre de cerveaux qui compte, mais la qualité des modèles. Sur ce terrain, les États-Unis ont de l’avance.


L'Europe n'est toutefois pas absente. Elle peut s'appuyer sur Mistral, mais gagnerait à développer un écosystème plus large d'acteurs européens. D'autant que de nombreuses entreprises européennes souhaitent ne pas dépendre exclusivement des modèles américains, à la fois pour des raisons de souveraineté et parce que leur coût pourrait fortement augmenter si les États-Unis consolidaient leur position hégémonique.

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À surveiller


C’est le mois de juillet. Les dernières réunions de banque centrale ont lieu avant la pause estivale. Rien à attendre de la BCE cette semaine, qui devrait attendre la rentrée pour augmenter de nouveau son taux directeur, probablement de 25 points de base.

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​​​​Savez-vous quelles matières premières cotées entrent dans la composition d'une crème solaire ?


En Belgique, près de 70 % du chiffre d'affaires est réalisé entre avril et septembre. En 2026, un nouveau record pourrait même être atteint, porté par la multiplication des vagues de chaleur.


Ce que beaucoup ignorent, c'est que cet indispensable de l'été est directement exposé à trois matières premières cotées sur les marchés internationaux qui entrent dans sa composition.


  • les huiles végétales utilisées comme émollients dans la phase grasse de certaines formules (5 à 15% de la composition) ;​​​​​​​​​​​​​​

  • le zinc, indispensable à la fabrication de l'oxyde de zinc, un filtre UV minéral présent dans de nombreuses protections solaires (1 à 5%) ;

  • les dérivés du pétrole, qui servent à produire des émollients, des solvants, des polymères, des silicones, certains filtres UV, mais aussi les emballages plastiques (15 à 25%).

Au Total Fina Elf , ces matières premières peuvent représenter jusqu'à 45% de la composition d'une crème solaire. Leur évolution sur les marchés influence donc directement les coûts de fabrication et le prix payé par le consommateur.