Malgré des attentes relativement élevées pour les démocrates en amont des élections de mi-mandat aux États-Unis, le résultat a été plus retentissant que beaucoup ne l’avaient anticipé. L’équipe Global Fixed Income de Schroders examine les conséquences de cette élection pour les perspectives économiques tout en gérant les risques aux côtés d’autres moteurs du marché. L'équipe Global Equities de Schroders analyse la manière dont les élections de mi-mandat sont susceptibles d’impacter le coût du capital et les bénéfices des entreprises américaines.
D’un point de vue macroéconomique, l’élection ne modifie pas l’opinion notre équipe Global Fixed Income concernant les perspectives budgétaires à court terme. L’équipe ne s’attend pas à ce que l’élection ait un impact particulièrement important sur la politique budgétaire pour les deux ans à venir. Le point de départ est que la politique budgétaire américaine est trop accommodante, mais avec la division entre le Congrès et la Maison-Blanche une fois que le nouveau Congrès entrera en fonction en janvier, Schroders s’attend à ce que la politique budgétaire demeure relativement inchangée, avec une moindre marge de manœuvre budgétaire supplémentaire. Un resserrement de la politique budgétaire serait salutaire pour le marché obligataire, mais une aggravation semble peu probable à tout le moins.
La question sans doute plus pertinente est de savoir ce que les élections signifient pour l’avenir du développement des infrastructures d’IA, qui a fortement soutenu la croissance économique ces derniers trimestres. Les investissements dans les centres de données, les infrastructures électriques et les technologies connexes ont rapidement augmenté, mais bon nombre des décisions qui régissent le développement futur sont prises au niveau local et des États plutôt qu’au niveau fédéral.
Les victoires démocrates dans les États qui importent pour la construction de centres de données, y compris le poste de gouverneur au Texas, pourraient potentiellement affecter le rythme des investissements. Il est encore bien trop tôt pour conclure à un tel scénario. Toutefois, si les changements apportés aux règles concernant la planification, l’environnement et l’électricité notamment venaient à freiner les investissements, les conséquences macroéconomiques pourraient être significatives compte tenu de la contribution actuelle des investissements dans l’IA à la croissance américaine.
Dans l’ensemble, Schroders estime que le résultat des élections est positif pour les marchés du crédit. À court terme, les émetteurs du secteur des centres de données pourraient certes connaître une certaine volatilité, mais nous estimons qu’un Congrès contrôlé par les démocrates pourrait introduire des garde-fous réglementaires plus stricts concernant les investissements dans l’IA, ce qui contribuerait à réduire les risques d’excès d’offre et de correction plus perturbatrice du marché. Schroders s’attend à ce que la construction de nouveaux centres de données soit réduite, ce qui soutiendra la valeur des actifs existants et de ceux sur le point d’être achevés compte tenu de la demande toujours élevée de puissance de calcul.
Nous avons également observé un changement de ton dans les derniers résultats des hyperscalers, avec une plus grande attention portée aux flux de trésorerie, y compris chez Oracle , et une plus grande disposition à envisager l’émission d’actions plutôt que la dette pour financer les dépenses d’investissement. Si elle se confirme, cette tendance devrait atténuer la pression sur l’offre de crédit liée au financement de l’IA. Conjuguée au ralentissement probable de la construction de nouveaux centres de données, cette situation devrait soutenir les spreads de crédit.
Les élections de mi-mandat aux États-Unis ne sont qu’un des nombreux facteurs qui influencent les marchés à l’heure actuelle. Les prix de l’énergie, le conflit au Moyen-Orient et les risques budgétaires en France influent chacun sur les rendements et les spreads de crédit, et chacun de ces facteurs a des conséquences qui lui sont propres.
Dans l’ensemble de nos stratégies, nous adoptons une approche diversifiée du crédit et maintenons globalement un positionnement défensif, en particulier dans le segment Investment Grade américain, jugeant que les Mortgage-Backed Securities d’agences constituent une classe d’actifs attrayante pour bénéficier d’un portage et d’un solide potentiel de performance à mesure de la stabilisation des marchés de taux. Nous sommes désormais plus positifs à l’égard du crédit européen, où le récent creusement des spreads, en partie dû aux inquiétudes entourant soutenabilité de la dette souveraine française, a amélioré les valorisations. Concernant le risque de taux d’intérêt, nous privilégions dans l’ensemble les marchés plus avancés dans leur cycle de hausse des taux, tout en restant globalement neutre sur les États-Unis, où le cycle ne fait que commencer.
Le crédit peut constituer un moyen plus défensif de rester investi dans un contexte d’incertitude politique, géopolitique et liée à l’IA. Sa position plus élevée dans la structure du capital et SES revenus réguliers peuvent offrir une certaine résilience. Dernièrement, les obligations ont également constitué une valeur refuge en période de tensions sur les marchés, démontrant ainsi leur capacité de diversification des portefeuilles. Toutefois, profiter de ces atouts impose d’adopter une approche flexible et sélective des marchés obligataires mondiaux. Les élections de mi-mandat sont certes importantes, mais elles ne forment qu’une partie du contexte macroéconomique global.
Pour les investisseurs en actions mondiales, l’importance des élections de mi-mandat aux États-Unis réside moins dans l’identification des gagnants et des perdants politiques que dans la compréhension de l’évolution de la situation économique des différentes entreprises et de la bonne prise en compte de cette évolution par les marchés. L’élection pourrait modifier les perspectives budgétaires américaines et, par le biais des rendements obligataires, le coût du capital auquel sont confrontées les entreprises. Elle pourrait également affecter la fiscalité, la réglementation, le commerce et les dépenses publiques, avec des conséquences directes sur les chiffres d’affaires, les marges et les bénéfices. Mais dans chaque cas, la question pour les investisseurs est la même : qu’est-ce qui a réellement changé, et dans quelle mesure ce changement est-il déjà reflété dans les valorisations ?
L’un des points à surveiller est la relation entre le dollar et les rendements des bons du Trésor. Si les inquiétudes entourant la soutenabilité budgétaire conduisent les investisseurs mondiaux à exiger une rémunération plus élevée pour la détention d’actifs américains, les rendements à long terme pourraient augmenter sans apporter au dollar le soutien que les investisseurs peuvent normalement attendre. Dans ce contexte, le dollar pourrait également offrir une moindre protection contre l’aversion au risque aux portefeuilles mondiaux.
L’un des mécanismes de transmission les plus importants est le coût du capital. L’évolution de la dépense publique, de la fiscalité et de l’emprunt peut influencer les rendements obligataires et les conditions de financement. Pour les entreprises, un coût du capital plus élevé accroît le taux de rendement minimal pour les nouveaux investissements, affecte les coûts de financement et peut altérer la valorisation que les investisseurs sont disposés à attribuer aux profits futurs.
Cet aspect est particulièrement pertinent aujourd’hui. Nos prévisions de croissance et de rendement sont fonction de la hausse des coûts d’emprunt pour les États et les entreprises, ainsi que des besoins de financement considérables liés au développement de l’intelligence artificielle (IA). Un investissement donné peut sembler très différent selon le coût du capital Cela ne signifie pas que la hausse des rendements est automatiquement néfaste pour les actions. Là encore, la raison pour laquelle elles progressent compte. Une hausse des rendements accompagnée d’une plus Fabryki Mebli Forte croissance économique et d’une augmentation des bénéfices des entreprises aurait des conséquences très différentes de celles d’une hausse des rendements découlant de craintes d’inflation ou de doutes quant à la soutenabilité budgétaire.
Le coût du capital n’est cependant qu’une partie du problème. Les changements politiques peuvent également avoir un effet plus direct sur les fondamentaux des entreprises.
La situation politique importe lorsqu'elle change la donne concernant les bénéfices L’évolution de la fiscalité peut affecter les flux de trésorerie. La réglementation peut modifier la dynamique concurrentielle. Les dépenses publiques peuvent créer de la demande ou la réduire. La politique commerciale peut remodeler les chaînes d’approvisionnement et les coûts.
La question pour les investisseurs est de savoir si ces changements sont suffisamment importants pour altérer le chiffre d’affaires, les marges, les bénéfices ou les rendements d’une entreprise et, surtout, dans quelle mesure cela est déjà reflété dans sa valorisation. Cette distinction est particulièrement importante dans le contexte actuel du marché. De solides bénéfices ne se traduisent pas systématiquement par une bonne performance de l’ Action . Ce qui compte, c’est l’écart entre ce qu’une entreprise réalise et ce que le consensus attend déjà. Une entreprise peut afficher des résultats solides mais néanmoins décevoir le marché si les attentes étaient plus élevées encore. De même, l’incertitude politique peut créer une opportunité si les anticipations se détériorent davantage que les perspectives de bénéfices sous-jacentes.
La question clé reste de déterminer si l’incertitude politique modifie les fondamentaux des entreprises ou si elle influence simplement le sentiment à court terme. C’est pourquoi nous hésiterions à nous en remettre simplement à une liste des « gagnants » et des « perdants » au terme de l’élection.
La construction de portefeuille reste dès lors axée sur la diversification entre différentes sources de risque et de rendement, plutôt que de tenter d’exprimer une vision binaire. L’objectif est de s’assurer qu’une issue donnée au plan politique ne domine pas la configuration du portefeuille, tout en conservant la flexibilité nécessaire pour réagir lorsque la situation politique modifie réellement l’argumentaire d’investissement.