Les placements générateurs de revenus fructueux même en cas de hausse des taux d’intérêt

Beaucoup pensent qu’une stratégie de revenu est mise à mal par une hausse des taux d’intérêt. Schroders a analysé les prestations des placements générateurs de revenus durant les périodes de hausse des taux d’intérêt depuis 1970 et cette recherche montre que beaucoup de placements générateurs de revenus ont enregistré des résultats inattendus, comme l’explique Clement Yong, stratège chez Schroders .

Beaucoup de bruit de fond à cause du «taper tantrum»

Le «taper tantrum» de 2013 a profondément marqué les investisseurs. Lorsque le président de la Fed de l’époque, Ben Bernanke, a annoncé le démantèlement du programme d’assouplissement quantitatif, les investisseurs se sont aussitôt mis à vendre massivement leurs obligations d’État, ce qui a fait grimper le taux obligataire. C’était l’illustration parfaite de la relation inversée entre le taux obligataire et le prix des obligations: lorsque le taux d’intérêt augmente, les prix baissent. L’on pense souvent que cette relation s’applique à l’ensemble des placements générateurs de revenus. Mais la recherche de Schroders démontre que ce n’est souvent pas le cas. Même en 2013, la plupart des placements ont encore clôturé l’année avec un rendement positif.

Large palette de revenus

Le spectre des placements générateurs de revenu est très vaste. Outre les obligations d’État, citons notamment les obligations des entreprises de type «investment-grade» et «high yield», les REIT, les obligations des marchés émergents et les actions à haut dividende. Toutes ces catégories de placement ont enregistré de bons résultats au cours de la décennie écoulée. Il n’y a donc rien d’étrange à ce que les investisseurs se demandent si la période de vaches grasses est finie à présent que les banques centrales se préparent à relever les taux d’intérêt. D’après les résultats de la recherche de Schroders , ces actifs ne se retrouveront pas forcément en difficulté. Les principales conclusions de la recherche de Schroders sont les suivantes:

  • Tous les placements générateurs de revenus ont eu un rendement en moyenne positif au cours des périodes de hausse des taux, à l’exception des obligations d’État et des obligations émises par les entreprises.
  • Les résultats des obligations d’État et des obligations «investment-grade» des entreprises ont été beaucoup plus mauvais en période de hausse des taux qu’en période de baisse des taux.
  • Beaucoup d’autres investissements ont bien résisté, certains ont même affiché des meilleurs résultats en période de hausse des taux obligataires.

    Cette constatation devrait rassurer quelque peu les investisseurs. Les taux d’intérêts ont souvent tendance à augmenter lorsque la croissance économique reprend. Les actifs sensibles à ce paramètre, comme les obligations à haut rendement, les actions de dividende et les REIT continuent parfois à afficher des rendements positifs. Les actions et les obligations peuvent donc en général profiter de l’amélioration des conditions économiques.

    Revenu plus robuste que prévu

    La recherche confirme en outre que le revenu est généralement moins sensible aux variations des taux d’intérêt que le rendement global. L’impact d’une hausse de taux d’intérêt sur le revenu est minime et il arrive même que le revenu augmente en période de taux d’intérêt plus élevés. Les revenus ont reculé plus souvent en période de baisse des taux d’intérêt qu’en période de hausse.

    La patience est récompensée

    Il est important de comprendre que l’horizon d’investissement est un élément crucial, y compris pour les portefeuilles générateurs de revenus. Faire preuve de patience et ne pas paniquer en période de hausse des taux d’intérêt sont des attitudes qui se sont souvent révélées payantes en termes de rendement et de revenu. Mais le caractère variable des résultats montre bien toute l’importance d’une bonne allocation des investissements. Celle-ci permet même d’enregistrer un accroissement de valeur dans les moments où la tentation est grande de se défaire de certains placements, comme l’explique Clement Yong.